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Top 10 des maladies professionnelles en France (2026)

maladies professionnelles en France
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Chaque année, la Sécurité sociale reconnaît des dizaines de milliers de maladies professionnelles chez les salariés. D’après le dernier rapport annuel de l’Assurance Maladie – Risques professionnels (novembre 2025), elle a reconnu 50 598 maladies professionnelles en France en 2024, soit 6,7 % de plus qu’en 2023 (+3 100 cas). Pour la première fois depuis dix ans, le nombre de maladies professionnelles reconnues dépasse le seuil des 50 000 cas, retrouvant ainsi son niveau d’avant la crise sanitaire, observé en 2019.

Dans cet article, nous vous présentons le top 10 des maladies professionnelles les plus reconnues en France, à partir de données officielles (Assurance Maladie, INRS), avec pour chacune les chiffres clés, les secteurs les plus touchés et les pistes de prévention.


Qu’est-ce qu’une maladie professionnelle ?

Une maladie professionnelle est une pathologie qui résulte directement de l’exposition d’un salarié à un risque physique, chimique, biologique ou aux conditions dans lesquelles il exerce son activité. Contrairement à l’accident du travail, elle survient généralement de façon progressive, après une exposition répétée ou prolongée.

En France, la reconnaissance des maladies professionnelles s’appuie sur des tableaux de maladies professionnelles, gérés par l’INRS et régulièrement actualisés par décret. Ainsi, le dernier en date, le décret n° 2025-1349 du 26 décembre 2025, a modifié les tableaux n° 30 et n° 16 bis du régime général. Concrètement, chaque tableau précise la pathologie concernée, le délai de prise en charge ainsi que la liste des travaux susceptibles de l’occasionner. Le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) peut également reconnaître une maladie professionnelle, même lorsque celle-ci ne remplit pas tous les critères prévus par les tableaux.


Le classement des 10 maladies professionnelles les plus fréquentes


1. Les troubles musculosquelettiques (TMS), 1ère cause depuis plus de 20 ans

Parmi les maladies professionnelles les plus fréquentes, les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent près de 90 % des cas reconnus en France. Ils poursuivent également leur progression, avec une hausse de 6,6 % en 2024. Les TMS regroupent les atteintes des muscles, tendons, ligaments et nerfs au niveau des articulations (épaules, poignets, coudes, genoux) et de la colonne vertébrale.

Ils sont reconnus principalement au titre du tableau 57 (affections périarticulaires), mais aussi des tableaux 69 (vibrations main-bras), 79 (lésions du ménisque), 97 et 98 (lombalgies). En 2021, les TMS ont entraîné la perte de plus de 11 millions de journées de travail et près d’1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises.

Secteurs les plus touchés : industrie agroalimentaire, BTP, logistique, aide à la personne.

2. Les lombalgies (tableaux 97 et 98)

Sous-catégorie des TMS mais suffisamment massive pour être isolée, la lombalgie liée au port de charges lourdes ou aux vibrations touche une part importante des salariés de la manutention, du BTP et du transport.

3. Les affections psychiques liées au travail

Par ailleurs, les affections psychiques hors tableau (burn-out, dépression, syndrome anxio-dépressif) connaissent une forte progression, avec une hausse de 9 % en 2024. Plus encore, le nombre de maladies professionnelles psychiques a doublé entre 2020 et 2024. Ces pathologies sont reconnues via la procédure « hors tableau » (maladies dites complémentaires), qui nécessite de démontrer un lien direct et essentiel avec le travail, après examen par le CRRMP.

4. Les pathologies liées à l’amiante

Les maladies liées à l’amiante (asbestose, plaques pleurales, mésothéliome, cancer broncho-pulmonaire) continuent de progresser fortement : + 8,5 % en 2024. Elles sont reconnues au titre des tableaux 30 et 30 bis du régime général. L’amiante reste, selon la Commission européenne (mise à jour de la liste européenne des maladies professionnelles, décembre 2025), la première cause de cancers professionnels dans l’Union européenne, dans le cadre du « Plan européen pour vaincre le cancer » et de la stratégie « Vers un avenir sans amiante ».

Secteurs concernés : bâtiment, désamiantage, industrie navale, ancienne exposition dans l’énergie et l’automobile.

5. Les cancers professionnels (hors amiante)

Au-delà de l’amiante, d’autres cancers professionnels sont recensés dans un « top cancers » spécifique établi par l’Assurance Maladie, incluant notamment :

  • le cancer des cavités nasales et de l’ethmoïde lié aux poussières de bois (tableau 47) ;
  • le cancer cutané lié aux huiles et graisses minérales ou de synthèse (tableau 36).

6. La surdité professionnelle

De même, reconnue au titre du tableau 42 (atteintes auditives provoquées par les bruits lésionnels), elle concerne principalement les salariés exposés durablement à des niveaux sonores élevés, notamment dans l’industrie lourde, le BTP ou le secteur aéroportuaire.

7. Les affections périarticulaires liées aux vibrations (tableau 69)

Provoquées par l’usage prolongé de machines-outils vibrantes (marteaux-piqueurs, ponceuses, tronçonneuses), elles touchent principalement les mains et les avant-bras des ouvriers du BTP et de l’industrie.

8. Les affections cutanées professionnelles

Dermatoses, eczémas de contact et lésions cutanées liées à l’exposition à des huiles, solvants ou produits chimiques (tableau 36), fréquentes dans l’industrie, la coiffure, la restauration et le nettoyage.

9. Les affections respiratoires liées aux poussières de bois

Rhinites, sinusites chroniques et cancers ORL provoqués par l’inhalation de poussières de bois (tableau 47), un risque majeur dans la filière bois et l’ameublement.

10. Les maladies liées au risque biologique

L’Assurance Maladie suit également un « top biologie » spécifique consacré aux pathologies infectieuses contractées à la suite d’une exposition professionnelle à des agents biologiques. Il comprend notamment les hépatites, la tuberculose et, plus récemment, la Covid-19, désormais couverte par un tableau dédié : le tableau n° 100 pour le régime général et le n° 60 pour le régime agricole.


Les chiffres à retenir (rapport Assurance Maladie 2024, publié en novembre 2025)

IndicateurChiffre 2024Évolution vs 2023
Maladies professionnelles reconnues50 598 cas+ 6,7 %
Part des TMS dans les MP~ 90 %+ 6,6 %
Pathologies liées à l’amiantenon précisé+ 8,5 %
Affections psychiques (hors tableau)non précisé+ 9 %
Décès liés à une maladie professionnelle215 décèsvs 196 en 2023
Salariés couverts par la branche AT/MP20,8 millionsnon concerné

Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, Rapport annuel 2024, novembre 2025.

À noter également : l’ensemble des accidents du travail et maladies professionnelles a généré plus de 78 millions de journées non travaillées en 2024, soit l’équivalent d’environ 334 000 emplois à temps plein perdus sur l’année.


Comment se faire reconnaître en maladie professionnelle ?

  1. Consulter un médecin qui établit un certificat médical initial décrivant la pathologie.
  2. Déclarer la maladie auprès de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), à l’aide du formulaire Cerfa dédié, en y joignant le certificat médical.
  3. La CPAM instruit le dossier en vérifiant la correspondance avec un tableau existant (exposition, délai de prise en charge, liste des travaux).
  4. En cas de non-conformité stricte au tableau, le dossier peut être transmis à un CRRMP pour une reconnaissance « hors tableau ».
  5. Depuis 2024, les démarches sont de plus en plus dématérialisées : 86,3 % des déclarations d’accidents du travail ont été faites en ligne en 2024 (contre 83,9 % en 2023), et un service en ligne « Questionnaire risques professionnels » facilite désormais le suivi des dossiers employeur/salarié.

Comment prévenir les maladies professionnelles ?

  • Réduire l’exposition aux risques : ergonomie des postes, rotation des tâches, réduction du port de charges, protection auditive et respiratoire.
  • Former et informer les salariés et encadrants sur les gestes et postures à risque.
  • Suivre les expositions via le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire dans toutes les entreprises.
  • Agir sur l’organisation du travail pour limiter l’intensification des tâches et prévenir les risques psychosociaux, en forte croissance.
  • Bénéficier des dispositifs d’accompagnement proposés par l’Assurance Maladie – Risques professionnels : outils gratuits d’évaluation des risques, aides financières, programmes d’accompagnement sectoriels.

Le DUERP, un outil clé pour prévenir les maladies professionnelles

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est un outil obligatoire pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, dès l’embauche d’un premier salarié. Il recense l’ensemble des risques présents dans l’entreprise (postures, charges, bruit, produits chimiques, risques psychosociaux…) et les actions de prévention à mettre en place pour les réduire. Bien réalisé et régulièrement mis à jour, le DUERP permet d’anticiper les situations à risque avant qu’elles ne se transforment en maladie professionnelle, et donc de protéger la santé des salariés tout en limitant l’impact humain et financier pour l’entreprise (arrêts de travail, cotisations, perte de productivité). C’est aujourd’hui l’un des leviers de prévention les plus efficaces face à la hausse continue des TMS et des affections psychiques observée ces dernières années.

Vous souhaitez faire le point sur les risques professionnels dans votre entreprise ou mettre à jour votre DUERP ? N’hésitez pas à nous contacter, notre équipe est à votre disposition pour vous accompagner.

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