Les établissements de santé exposent leurs professionnels à de nombreux risques : infectieux, chimiques, physiques, psychosociaux (RPS), troubles musculosquelettiques (TMS), ainsi qu’à des contraintes liées à la manutention, aux produits dangereux ou aux situations de violence. Ces risques concernent l’ensemble des métiers, qu’ils soient soignants, techniques, logistiques ou administratifs.
Cet article présente les principaux risques professionnels en milieu hospitalier, les obligations réglementaires en matière d’évaluation et les mesures de prévention associées, avec un focus sur le DUERP, outil essentiel de la prévention des risques.
Pourquoi l’évaluation des risques professionnels est une obligation légale à l’hôpital
L’évaluation des risques professionnels est une obligation légale pour tous les employeurs, y compris les établissements de santé. Selon l’article L.4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. L’article L.4121-3 impose également l’évaluation des risques professionnels afin de prévenir les atteintes à la santé et à la sécurité.
Cette évaluation doit être formalisée dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), conformément à l’article R.4121-1. Celui-ci doit être mis à jour régulièrement, notamment en cas de modification importante des conditions de travail, et conservé afin de garantir le suivi de la prévention des risques.
Les 12 principaux risques professionnels dans un hôpital
1. Le risque biologique et infectieux
Le personnel hospitalier est en contact permanent avec des agents infectieux, bactéries, virus ou champignons, notamment via les patients, les prélèvements biologiques ou le linge souillé. Les accidents d’exposition au sang, comme les piqûres, coupures ou projections, figurent parmi les incidents les plus fréquemment recensés dans les établissements de soins.
Prévention : vaccination du personnel, port d’équipements de protection individuelle tels que gants, masques et lunettes, conteneurs à objets tranchants adaptés, protocoles post-exposition et formation à l’hygiène des mains.
2. Le risque chimique
Les désinfectants, les cytotoxiques, les gaz anesthésiques et les produits d’entretien exposent les professionnels de santé à des substances parfois toxiques ou cancérogènes. Ainsi, le risque chimique représente un enjeu important en milieu hospitalier.
Pour le prévenir, il est nécessaire d’assurer une bonne ventilation, de disposer de fiches de données de sécurité à jour, d’utiliser des équipements de protection et de remplacer les produits les plus dangereux lorsque cela est possible.
3. Les troubles musculosquelettiques
La manutention de patients, les postures contraignantes au bloc ou au lit du malade, ainsi que les gestes répétitifs, constituent selon l’INRS la principale source d’accidents du travail et de maladies professionnelles, tous secteurs confondus. L’hôpital n’y échappe pas, avec des taux de lombalgies et de troubles de l’épaule particulièrement élevés chez les soignants.
Prévention : formation aux gestes et postures, mise à disposition de matériel d’aide à la manutention comme les lève-personnes ou les rails de transfert, et organisation du travail en binôme pour les mobilisations difficiles.
4. Les risques psychosociaux
La charge de travail, les sous-effectifs, la confrontation à la souffrance et à la mort, la responsabilité élevée ainsi que le travail en horaires décalés constituent autant de facteurs qui favorisent les risques psychosociaux. Ainsi, ces derniers représentent un facteur majeur d’épuisement professionnel dans les établissements de santé.
Pour prévenir ces risques, plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre, notamment la mise en place de groupes de parole, un soutien psychologique, une meilleure régulation de la charge de travail, la formation des encadrants à la détection des signaux d’alerte ainsi que l’intégration systématique des risques psychosociaux dans le DUERP.
5. Les violences internes et externes
D’après le dernier rapport de l’Observatoire national des violences en santé, environ 20 000 signalements de violences sont recensés chaque année dans les établissements de santé, représentant près de 30 000 atteintes aux personnes. Les infirmiers et les aides-soignants sont les catégories les plus touchées, la psychiatrie et les urgences étant les services les plus exposés.
Prévention : dispositifs d’alerte comme les boutons d’alarme ou les protections travailleurs isolés, formation à la gestion de l’agressivité, sécurisation des accès, et protocole de signalement et d’accompagnement des victimes.
6. Le risque de chute et de glissade
Sols mouillés, câbles au sol, dénivelés, circulation rapide dans les couloirs : les chutes de plain-pied et dans les escaliers restent une cause fréquente d’accidents du travail, y compris à l’hôpital.
Prévention : revêtements de sol antidérapants, signalisation des zones humides, entretien régulier des locaux et chaussures de travail adaptées.
7. Le risque électrique
La présence massive d’équipements médicaux électriques, tels que les moniteurs, les respirateurs, les bistouris électriques ou encore les IRM, expose les techniciens de maintenance et, plus largement, l’ensemble du personnel à des risques de contact direct ou indirect. Par conséquent, le risque électrique constitue un enjeu important de sécurité dans les établissements de santé.
Afin de prévenir ces risques, des vérifications périodiques obligatoires doivent être réalisées. En complément, l’habilitation électrique du personnel intervenant et la maintenance préventive des équipements contribuent à garantir un environnement de travail plus sûr.
8. Les rayonnements ionisants
Radiologie, radiothérapie, médecine nucléaire : ces services exposent le personnel à des rayonnements pouvant provoquer des altérations tissulaires à court terme ou augmenter le risque de cancer à long terme, par exposition interne ou externe.
Prévention : dosimétrie individuelle, zonage réglementaire des locaux, équipements de protection plombés et suivi médical renforcé, conformément à l’article L.4624-23 du Code du travail.
9. Le risque lié aux champs électromagnétiques
Notamment généré par l’IRM, ce risque peut avoir des conséquences neurologiques ou cardiovasculaires pour le personnel exposé de manière répétée.
Prévention : signalisation des zones à risque, limitation du temps d’exposition, information et formation du personnel des services d’imagerie.
10. Le risque routier et de transport
Le transport de patients, les déplacements entre sites, les astreintes et le travail de nuit exposent certains professionnels, notamment ceux du SAMU ou les personnels itinérants, à un risque routier significatif, combiné à de la fatigue et à des troubles du sommeil.
Prévention : organisation des tournées, respect des temps de pause, formation à l’éco-conduite et à la sécurité routière, et entretien régulier des véhicules.
11. Les risques liés à l’organisation du travail, comme le travail de nuit et les horaires décalés
Le travail en 2x12h, le travail de nuit et les rythmes irréguliers, très répandus à l’hôpital, augmentent la fatigue, perturbent le sommeil et sont associés à un risque accru de troubles cardiovasculaires et métaboliques.
Prévention : suivi médical renforcé pour les travailleurs de nuit, limitation des amplitudes horaires, et organisation des plannings respectant les temps de repos réglementaires.
12. Le risque incendie et les risques liés aux équipements sous pression
La présence de gaz médicaux, de stérilisateurs et d’installations techniques complexes constitue un risque spécifique en milieu hospitalier, avec un enjeu supplémentaire, celui de l’évacuation de patients à mobilité réduite en cas d’incendie.
Prévention : exercices d’évacuation adaptés, formation du personnel à la manipulation des extincteurs, maintenance des installations, et plans d’évacuation spécifiques aux services de soins critiques.
Comment structurer la prévention de ces risques dans votre établissement
La multiplicité des risques professionnels dans un hôpital rend indispensable une démarche structurée, unité de travail par unité de travail, qu’il s’agisse du bloc, des urgences, du laboratoire, des services de soins, de la logistique ou de l’administration. Concrètement, cela suppose d’identifier les dangers réels de chaque service, au plus près du terrain, puis d’évaluer chaque risque selon sa gravité et sa fréquence d’exposition. Il faut ensuite formaliser cette évaluation dans le DUERP, conformément aux articles R.4121-1 et suivants du Code du travail, et définir un plan d’action, appelé PAPRIPACT pour les établissements de 50 salariés et plus, avec des mesures de prévention concrètes et un calendrier de mise en œuvre. Enfin, ce document doit être mis à jour au moins une fois par an et à chaque évolution significative des conditions de travail.
Notre expertise DUERP au service des établissements de santé
Rédiger un DUERP pertinent pour un hôpital ne consiste pas à recopier une grille générique. Au contraire, cette démarche nécessite de comprendre les spécificités de chaque service, la réalité des plannings, les contraintes liées aux soins ainsi que les obligations propres au secteur, notamment le suivi individuel renforcé, la dosimétrie ou encore la gestion des déchets d’activité de soins à risque infectieux. Ainsi, le DUERP constitue un outil de prévention adapté aux réalités du terrain et aux exigences réglementaires.
Grâce à notre expérience de terrain dans le secteur hospitalier, nous accompagnons les établissements de santé, qu’il s’agisse d’hôpitaux publics, de cliniques privées, d’EHPAD ou de centres de soins, dans l’évaluation des risques professionnels service par service, avec visite sur site, dans la rédaction et la mise à jour du DUERP conformément aux exigences réglementaires, dans la construction d’un plan d’action de prévention réaliste et suivi dans le temps, dans la formation des équipes et des encadrants à la démarche de prévention, ainsi que dans l’anticipation des contrôles de l’inspection du travail et la sécurisation juridique de l’employeur face au risque de faute inexcusable.
Si votre établissement souhaite sécuriser sa démarche de prévention des risques professionnels ou simplement mettre à jour un DUERP existant, notre équipe peut réaliser un diagnostic adapté à votre structure. Contactez-nous pour un accompagnement personnalisé.


