L’évaluation des risques femmes-hommes dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est une étape essentielle pour assurer la santé et la sécurité au travail. Au-delà de l’obligation générale d’évaluer les risques professionnels, la législation française impose désormais de tenir compte de l’impact différencié de l’exposition aux risques selon le sexe des travailleurs, afin de mieux prévenir les situations d’inégalités et de risques invisibilisés.
Qu’est-ce que le DUERP et pourquoi intégrer une approche femmes-hommes ?
Le DUERP est un outil obligatoire pour tout employeur (Code du travail, article L. 4121-3-1) qui identifie, analyse et classe les risques professionnels auxquels les salariés sont exposés. Il s’agit d’un document évolutif, actualisé régulièrement et mis à disposition du comité social et économique (CSE).
Intégrer une approche femmes-hommes dans le DUERP signifie aller plus loin que la simple liste des risques classiques : il s’agit de mesurer et analyser les risques selon le sexe, car les femmes et les hommes ne sont pas exposés de la même façon et peuvent subir des conséquences différentes sur leur santé physique et mentale. Cette obligation découle du Code du travail qui exige une prise en compte de l’impact différencié des expositions selon le sexe.
Les bases légales de l’évaluation différenciée des risques
La loi pour l’égalité réelle du 4 août 2014 inscrit dans le Code du travail que l’évaluation des risques doit tenir compte de l’impact différencié selon le sexe des travailleurs.
Concrètement, cela s’appuie sur l’article L. 4121-3 du Code du travail, qui impose à l’employeur de considérer, lors de l’évaluation des risques, les effets spécifiques que ces risques peuvent produire sur les femmes et les hommes. L’objectif est d’éviter les angles morts dans la prévention et de proposer des mesures correctives adaptées.
Comment identifier les risques spécifiques femmes-hommes ?
Pour réaliser une évaluation pertinente des risques femmes-hommes dans le DUERP, il convient de suivre une démarche structurée :
- Cartographier les unités de travail en tenant compte des postes occupés par des femmes, des hommes ou des équipes mixtes.
- Analyser les expositions : certaines tâches ou certains postes peuvent présenter des risques plus fréquents pour un sexe donné, qu’il s’agisse de troubles musculo-squelettiques, de stress, de charge mentale ou d’exposition à des situations de harcèlement sexuel ou d’agissements sexistes.
- Comparer les données de santé au travail et les retours des salariés pour mesurer les effets réels des conditions de travail selon le sexe.
- Par ailleurs, l’employeur associe les représentants du personnel et les instances compétentes, telles que le CSE et la CSSCT, afin d’enrichir l’analyse grâce à un regard collectif et transversal. Grâce à cette démarche, l’entreprise construit un diagnostic précis, directement intégré au DUERP, qui permet ensuite d’orienter efficacement les actions de prévention.
Exemples concrets d’évaluation différenciée dans des entreprises
Exemple 1 : Entreprise industrielle
Dans une usine de production automatisée, l’analyse a révélé que les femmes, majoritairement affectées aux postes de contrôle qualité, étaient moins exposées aux risques physiques lourds, mais plus exposées au stress lié à la répétitivité des tâches et à la charge cognitive. L’entreprise a mis en place des rotations de postes et des aménagements pour réduire la pression mentale.
Exemple 2 : Entreprise de services
Dans ce contexte, au sein d’un centre d’appels où les femmes représentaient 70 % des effectifs, l’évaluation différenciée des risques a révélé une fréquence plus élevée de troubles musculo-squelettiques. En effet, l’entreprise a identifié que ces troubles provenaient principalement d’une configuration des postes de travail mal adaptée aux morphologies féminines. Par conséquent, l’employeur a mis en place des mesures de prévention concrètes, notamment l’installation de sièges ergonomiques réglables et l’organisation de pauses programmées, afin de préserver la santé des salariées.
Exemple 3 : PME du secteur tertiaire
Une PME de consulting a intégré l’analyse du risque de harcèlement sexuel et d’agissements sexistes dans son DUERP, ce qui a permis de sensibiliser l’ensemble des salariés et de formaliser des procédures de signalement. Ce travail a modifié positivement la culture d’entreprise et amélioré les relations professionnelles.
Transformer l’évaluation en actions concrètes
Ainsi, l’identification des risques femmes-hommes ne doit pas rester théorique : au contraire, elle doit impérativement se traduire par des actions de prévention ciblées et concrètes. Concrètement, cela peut passer par la mise en place de formations spécifiques, des aménagements ergonomiques adaptés, des campagnes de sensibilisation au harcèlement ou encore des ajustements dans l’organisation du travail. À terme, l’objectif est double : d’une part, réduire les inégalités de santé au travail et, d’autre part, améliorer durablement le bien-être global des équipes.
Les bénéfices pour l’entreprise et les salariés
Une évaluation des risques femmes-hommes bien menée permet non seulement de respecter les obligations légales, mais aussi d’améliorer l’attractivité de l’entreprise, de favoriser un climat social plus sain et de réduire l’absentéisme. C’est un levier de performance durable, car une prévention adaptée renforce l’engagement des salariés et la qualité de vie au travail.
Nous pouvons vous accompagner
L’évaluation des risques femmes-hommes dans le DUERP est à la fois une obligation réglementaire et une opportunité de prévention avancée. Chez nous, que ce soit à distance ou en présentiel, nous réalisons des DUERP complets, professionnels et adaptés à votre organisation. Notre expertise vous garantit une démarche rigoureuse, conforme à la loi et tournée vers la réalité de vos conditions de travail. N’hésitez pas à nous contacter pour bénéficier d’une prestation de qualité qui vous aide à intégrer efficacement l’approche femmes-hommes dans votre démarche de prévention.

