En 2024, les risques psychosociaux (RPS) s’imposent plus que jamais comme un enjeu majeur de santé au travail en France, tant pour les salariés que pour les employeurs. Pour comprendre l’ampleur du phénomène et construire une stratégie de prévention efficace, disposer de chiffres clés des risques psychosocciaux en France 2024 est indispensable. Cet article synthétise les données issues de baromètres récents (cabinet BDO/OpinionWay, baromètres sectoriels, études d’assurance maladie, INRS, etc.) afin de proposer une vision claire, chiffrée et actionnable de la situation.
1. Une majorité de salariés exposés aux RPS en 2024
Selon le baromètre 2024 publié par le cabinet BDO en partenariat avec OpinionWay, 59% des salariés déclarent avoir été confrontés à des risques psychosociaux au travail en 2024. Parmi eux, 91 % estiment que ces RPS ont une origine professionnelle, ce qui confirme la responsabilité directe de l’organisation du travail dans la genèse de ces situations. En outre, ces chiffres s’inscrivent dans la continuité d’autres enquêtes sur la santé mentale au travail, qui montrent une persistance d’un niveau élevé de stress, d’anxiété et de détresse psychologique depuis la crise sanitaire.
Toujours selon ce baromètre, 32% des salariés disent avoir été victimes directes de RPS en 2024, mais seuls 26% ont effectué un signalement à leur employeur. Et, parmi ces signalements, seulement 54 % ont donné lieu à des actions concrètes de la part de l’entreprise, révélant un important gap entre la perception du risque et la réponse organisationnelle. Ainsi, ces éléments font pleinement partie des chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024, à avoir en tête dans toute démarche de prévention.
2. RPS et arrêts maladie : un impact fort sur l’absentéisme
Le baromètre BDO met également en lumière l’impact des RPS sur l’absentéisme et la gestion des arrêts de travail. En 2024, 17% des entreprises interrogées déclarent avoir connu au moins un arrêt maladie lié à des risques psychosociaux, tous secteurs confondus. Sur l’ensemble des arrêts maladie déclarés, 11% sont directement associés aux RPS, ce qui en fait un levier majeur de désorganisation opérationnelle et de surcoût pour l’entreprise.
Parmi ces arrêts pour RPS, 14% donnent lieu à une demande de reconnaissance en maladie professionnelle, et 10% de ces demandes sont effectivement reconnues. À ces données s’ajoutent les estimations issues d’autres travaux montrant que la souffrance psychique liée au travail représente un coût social très élevé, déjà estimé à plusieurs points de PIB avant la crise et toujours en progression. De plus, ces éléments confirment une tendance durable d’aggravation. Ainsi, ces indicateurs enrichissent les chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 à mobiliser dans le dialogue social et les diagnostics RPS.
3. Détresse psychologique et burn‑out : une réalité massive
Les baromètres de santé mentale au travail publiés ces dernières années confirment l’ampleur de la détresse psychologique des salariés français. Plusieurs études, notamment celles d’Empreinte Humaine ou d’organismes de prévention, font état de plus de 40% de salariés en détresse psychologique, avec une part importante en situation de risque de dépression ou de burn‑out. Les managers, les jeunes actifs et les télétravailleurs figurent régulièrement parmi les catégories les plus exposées.
Les données consolidées sur le burn‑out montrent par ailleurs que plusieurs millions d’actifs sont concernés par un risque de burn‑out, dont une part significative en burn‑out sévère, avec des épisodes d’arrêt de travail longs et des parcours de soin complexes. En outre, ces tendances, associées à la progression de la sédentarité et à la numérisation du travail, renforcent d’autant plus le caractère stratégique des chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024. En effet, ces indicateurs deviennent essentiels pour orienter efficacement les politiques de santé au travail et anticiper les nouveaux défis liés à l’évolution des conditions professionnelles. Ainsi, comprendre ces chiffres clés permet aux entreprises et aux acteurs de la prévention de mieux cibler leurs actions pour améliorer durablement le bien-être des salariés.
4. Secteurs et populations les plus exposés
Les études sectorielles et les travaux de l’Assurance Maladie sur les RPS montrent que certains secteurs sont particulièrement touchés : santé, action sociale, enseignement, commerce, transports, services à la personne ou encore administrations publiques. Les métiers de contact avec le public, soumis à des tensions relationnelles, à la violence verbale ou à l’agressivité, présentent des niveaux d’exposition plus élevés. Les enquêtes européennes comme ESENER 2024 mettent aussi en avant la montée des risques liés à la numérisation et à l’intensification du travail dans de nombreux secteurs.
Sur le plan des populations, les données soulignent une vulnérabilité accrue des jeunes salariés, des femmes, et des managers de proximité, souvent pris en étau entre exigences de la direction et attentes des équipes. Les télétravailleurs, de plus en plus nombreux, sont également exposés à des risques spécifiques (isolement, brouillage des frontières vie pro/vie perso, hyper‑connexion) qui doivent être intégrés dans tout diagnostic RPS. L’identification de ces groupes sensibles fait pleinement partie des chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 à communiquer aux directions et CSE.
5. Prévention des RPS : où en sont les entreprises ?
Les travaux de la Dares sur la prévention des risques professionnels montrent que si la prise de conscience progresse, la prévention des RPS reste encore insuffisamment structurée dans de nombreuses entreprises. Dans l’enquête Conditions de travail – volet employeurs, une part significative des établissements déclare avoir mis en place au moins une action de prévention des RPS au cours des trois dernières années, mais ces actions restent souvent limitées à l’information ou à des aménagements ponctuels. Les actions plus structurantes (enquêtes internes, plans de prévention, formation spécifique des managers à la gestion des RPS) sont surtout présentes dans les grandes entreprises.
Du point de vue des salariés, ils considèrent que les dispositifs de prévention ne répondent pas toujours à leurs besoins. Dans la fonction publique, par exemple, près d’un agent sur deux a participé à au moins une action de prévention en 2024, mais moins de la moitié juge ces actions réellement pertinentes pour améliorer le bien‑être au travail. Ce décalage renforce l’importance d’utiliser les chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 pour objectiver les priorités et co‑construire des plans d’action avec les représentants du personnel.
6. RPS, santé et recherche : ce que disent les études récentes
Au‑delà des chiffres de prévalence, les recherches récentes confirment le lien étroit entre exposition aux RPS et dégradation de la santé physique et psychique. Une vaste étude de l’INRS publiée fin 2024, basée sur la synthèse de près de 800 études internationales, met en évidence les effets cumulés des contraintes de travail (intensification, manque d’autonomie, conflits de valeurs, violences, etc.) sur la santé cardiovasculaire, la santé mentale, les troubles musculo‑squelettiques et la qualité de vie globale. Ces résultats confortent les messages portés depuis plusieurs années par les acteurs institutionnels français (INRS, Anact, Assurance Maladie, Dares, Insee) sur la nécessité d’une prévention primaire centrée sur l’organisation du travail.
Les enquêtes en cours, notamment la nouvelle édition de l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux lancée en 2024 par l’Insee et la Dares, permettront à partir de 2026 de disposer de données encore plus fines par secteur, profession, âge, genre et modalités de travail (dont le télétravail). Ces futures publications viendront compléter les chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 déjà disponibles et renforceront les bases factuelles pour piloter les politiques de santé au travail.
7. Comment utiliser ces chiffres dans un diagnostic RPS ?
Les chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 constituent un support précieux pour structurer une démarche de diagnostic et de prévention dans les entreprises. En effet, ils permettent notamment de :
- D’une part, situer l’entreprise par rapport aux tendances nationales (taux de salariés exposés, fréquence des arrêts pour RPS, niveau de détresse psychologique).
- D’autre part, argumenter auprès de la direction sur l’urgence d’agir, en mettant en avant les impacts humains, sociaux, juridiques et économiques.
- Enfin, prioriser les actions (formation des managers, régulation de la charge de travail, prévention des violences internes et externes, régulation du télétravail, etc.).
Intégrer les données chiffrées RPS au DUERP
Intégrer ces données chiffrées au DUERP, aux rapports annuels de santé, sécurité et conditions de travail ou aux diagnostics RPS menés avec le CSE permet d’ancrer la discussion dans des indicateurs objectifs, en complément de l’écoute du terrain et des analyses qualitatives. C’est aussi un moyen de suivre l’évolution de la situation dans le temps, en comparant les indicateurs internes avec les chiffres clés des risques psychosociaux en France 2024 et les futurs baromètres à venir.

