Derrière l’expression registre SST se cache en réalité plusieurs documents obligatoires, souvent confondus par les employeurs eux-mêmes. Pourtant, chacun répond à une logique précise et à un cadre légal distinct. Entre traçabilité des risques, protection des salariés et exigences de l’inspection du travail, mieux vaut y voir clair avant de se retrouver en défaut. Voici l’essentiel à connaître sur le registre SST en entreprise.
Qui est concerné par le Registre Santé Sécurité au Travail ?
Le Registre de Santé et Sécurité au Travail (RSST) concerne l’ensemble des trois versants de la fonction publique (État, Territoriale et Hospitalière) :
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Les structures concernées : chaque administration, collectivité, établissement public ou service a l’obligation légale d’en ouvrir un (ou plusieurs selon la dispersion des sites géographiques).
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Les personnes qui peuvent le renseigner : il est accessible à tous les agents, quel que soit leur statut (titulaires, stagiaires, contractuels, apprentis), mais également aux usagers et intervenants extérieurs témoins ou victimes d’une situation à risque ou d’un dysfonctionnement dans les locaux.
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Les acteurs qui l’exploitent : l’autorité administrative (chef de service, employeur public) qui a l’obligation d’y apporter une réponse, les agents chargés des fonctions d’inspection (ACFI / ISST), le médecin du travail/de prévention, ainsi que les représentants du personnel au sein de la F3SCT (ou du Comité Social compétent), pour qui le registre constitue un outil central d’analyse et de suivi de la prévention.
Le registre SST, une notion qui recouvre plusieurs obligations
Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas un registre SST unique qui centraliserait toute la sécurité de l’entreprise. La réglementation distingue en réalité plusieurs registres, chacun répondant à un objectif propre. On retrouve ainsi le registre des dangers graves et imminents, le registre des accidents du travail bénins, ainsi que les registres de sécurité liés aux vérifications périodiques des équipements. Ensemble, ces documents forment ce qu’on appelle communément le registre SST d’une entreprise.
Cette diversité s’explique facilement. Chaque registre répond en effet à un besoin différent, qu’il s’agisse d’alerter en urgence, de tracer un incident mineur ou de prouver la conformité des installations. Comprendre cette distinction permet d’éviter bien des erreurs, notamment lors d’un contrôle de l’inspection du travail.
Le registre des dangers graves et imminents
Ce premier volet du registre SST découle directement des articles L4131-1 à L4131-4 du Code du travail. Concrètement, tout salarié qui a un motif raisonnable de penser qu’une situation présente un danger grave pour sa vie ou sa santé peut alerter immédiatement son employeur, puis exercer son droit de retrait. De son côté, l’employeur ne peut jamais exiger la reprise du travail tant que ce danger persiste.
Lorsqu’un représentant du personnel au comité social et économique constate lui même un tel danger, son avis doit être consigné sur un registre spécial, dont les pages sont numérotées et authentifiées. Cet avis mentionne les postes de travail concernés, la nature du danger ainsi que le nom des travailleurs exposés. L’employeur conserve ce registre pendant trois ans, et il doit rester accessible au CSE ainsi qu’à l’inspection du travail à tout moment.
En cas d’absence de ce registre, les conséquences peuvent être lourdes. Un employeur défaillant s’expose à une amende pouvant atteindre 10 000 euros, et jusqu’à 30 000 euros assortis d’un an d’emprisonnement en cas de récidive.
Le registre des accidents du travail bénins
Second pilier du registre SST, ce document permet à certains employeurs de s’affranchir de la déclaration systématique à la CPAM pour les accidents sans gravité. Trois conditions cumulatives conditionnent ce régime dérogatoire, notamment la présence d’un service de santé au travail dans l’entreprise ainsi que d’un CSE informé de la mise en place du registre.
Ce registre concerne uniquement les accidents, physiques ou psychologiques, qui n’entraînent ni arrêt de travail ni soins médicaux pris en charge par la Sécurité sociale. Dès que la situation évolue défavorablement, l’employeur dispose de 48 heures pour transmettre la déclaration classique à la CPAM. Ce dispositif reste par ailleurs précieux, puisqu’il permet d’identifier des signaux faibles avant qu’un accident plus sérieux ne survienne.
Les registres de sécurité liés aux équipements
Enfin, le registre SST englobe également les registres de sécurité qui consignent les dates et résultats des contrôles périodiques réalisés sur les installations et équipements de travail. Appareils de levage, installations électriques, échafaudages ou encore véhicules professionnels entrent tous dans ce périmètre. L’employeur doit conserver ces registres pendant cinq ans et les tenir à la disposition du CSE, du médecin du travail ainsi que des agents de contrôle de la CARSAT et de l’inspection du travail.
Une obligation qui s’inscrit dans une démarche plus large
Au-delà de ces registres spécifiques, l’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur une obligation générale de sécurité, qui vise à protéger tant la santé physique que la santé mentale des salariés. Cette obligation englobe la mise en place de formations, l’organisation de moyens adaptés ainsi que la traçabilité continue des actions de prévention. En ce sens, le registre SST ne constitue pas une simple formalité administrative. Il apporte une preuve concrète, en cas de contrôle ou de contentieux, que l’employeur a bien rempli ses obligations.
D’ailleurs, lors d’une visite de l’inspection du travail, ces registres figurent parmi les premiers documents examinés, aux côtés du document unique d’évaluation des risques professionnels. Une tenue rigoureuse de ces registres facilite donc grandement le dialogue avec les autorités de contrôle, tout en démontrant le sérieux de la démarche de prévention engagée.
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Ne laissez rien au hasard
Bien tenir son registre SST demande de la rigueur, mais surtout une bonne compréhension des textes applicables à chaque situation. Entre les délais de conservation, les mentions obligatoires et les personnes habilitées à consulter ces documents, les erreurs restent fréquentes, même chez des employeurs de bonne foi. Si vous avez besoin d’aller plus loin ou d’être accompagné dans la mise en conformité de vos registres, n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes experts en santé et sécurité au travail, et nous vous aidons à sécuriser durablement votre entreprise.


