Vous venez de télécharger notre modèle Excel DUERP gratuit ? Ce guide vous explique exactement quoi écrire dans chaque colonne, comment noter les risques, et comment transformer votre évaluation en un plan d’action concret. Rien n’est laissé au hasard.
1. Renseignez votre entreprise et définissez vos unités de travail
Ouvrez le fichier Excel DUERP gratuit. En haut de l’onglet DUERP, vous trouvez deux champs à compléter en priorité : le nom de votre entreprise, et les Unités de Travail (UT).
Une unité de travail, c’est un groupe de salariés qui exercent les mêmes activités et sont donc exposés aux mêmes risques. C’est le socle de tout votre document : si vous les définissez mal, tout le reste sera faux.
Exemples concrets d’unités de travail: Équipe atelier / productionPersonnel de bureau / administratifChauffeurs / livreursTechniciens terrainAgents de nettoyageResponsables / encadrementCaissiers / vendeursAgents de sécurité
Une petite entreprise peut n’avoir qu’une ou deux UT. Une grande entreprise peut en avoir une dizaine selon les métiers.
Si vous avez plusieurs unités de travail, vous pouvez dupliquer l’onglet DUERP pour chaque UT, ou les lister séparément dans la colonne « UT concernée(s) » pour chaque risque identifié.
2. Identifiez et décrivez précisément chaque risque
L’onglet DUERP liste 21 catégories de risques professionnels. Pour chacune d’elles, vous devez vous demander : est-ce que ce risque existe dans mon entreprise ? Si oui, dans quelle situation précise ?
La colonne « Description » est la plus importante : c’est là que vous décrivez concrètement la situation dangereuse. Soyez précis, un inspecteur du travail doit comprendre exactement de quoi il s’agit sans vous poser de questions.
Exemples de bonnes descriptions par catégorie :
| Risques équipements | Utilisation quotidienne d’une scie circulaire sans protège-lame —> risque de coupure grave à la main |
| Risques chimiques | Manipulation de solvants (acétone) en espace semi-fermé sans ventilation suffisante —> inhalation et irritation |
| Risques TMS | Posture assise prolongée devant écran (+6h/jour) sans réglage ergonomique du poste —> douleurs cervicales et lombaires |
| Risques psychosociaux | Objectifs de production difficilement atteignables combinés à un manque de reconnaissance —>stress chronique signalé par plusieurs salariés |
| Chutes de plain-pied | Sol de l’atelier glissant après nettoyage —> absence de signalétique sol mouillé |
Pour les catégories de risques qui n’existent pas dans votre entreprise, vous pouvez simplement laisser la ligne vide ou noter « Non applicable ».
3. Évaluez chaque risque avec la grille F × G × C
C’est l’étape la plus technique du document. Pour chaque risque identifié, vous devez lui attribuer une note sur trois critères : F (Fréquence), G (Gravité) et C (Compétence / maîtrise). Le modèle calcule ensuite automatiquement l’indice de risque final.
F : Fréquence d’exposition
1 — Très rare (1 fois/an)
2 — Occasionnel (1 fois/mois)
3 — Régulier (1 fois/semaine)
4 — Quotidien ou permanent
G : Gravité potentielle
1 — Sans conséquence (inconfort)
2 — Blessure légère (1er secours)
3 — Accident avec arrêt de travail
4 — Invalidité / décès possible
C : Maîtrise du risque
1 — Risque bien maîtrisé
2 — Maîtrise partielle
3 — Peu de mesures en place
4 — Aucune mesure existante
Exemple concret, solvants en espace confiné
| Fréquence (F) | 3 — le salarié utilise des solvants plusieurs fois par semaine |
| Gravité (G) | 3 — une exposition prolongée peut entraîner un arrêt de travail ou des maladies respiratoires |
| Maîtrise (C) | 2 — des EPI sont disponibles mais pas toujours portés |
| Indice de risque | F × G × C = 3 × 3 × 2 = 18 → risque significatif, action prioritaire |
Plus l’indice est élevé, plus le risque est prioritaire. Un indice supérieur à 12 doit déclencher des actions immédiates. En dessous de 4, le risque est sous contrôle.
4. Renseignez les mesures de prévention existantes et à mettre en place
Le modèle contient deux colonnes distinctes que beaucoup d’entreprises confondent. Il est important de les remplir séparément et honnêtement.
Colonne « Moyens de prévention déjà mis en place »
Listez ce que vous faites déjà pour réduire ce risque. C’est ce qui justifie votre note C (maîtrise).
Exemples : EPI fournis (casques, gants, lunettes)Formation sécurité réaliséeAffichages réglementaires en placeProtections machines installéesProcédures écrites disponiblesContrôles périodiques effectués
Colonne « Moyens de prévention à mettre en place »
Ce sont les actions correctives à planifier. Soyez concret et actionnable. Exemples :
Installer une ventilation localiséeFormer les salariés aux gestes et posturesRemplacer le produit chimique par une alternative moins dangereuseMettre en place un antidérapant au solRéaliser une visite médicale renforcée
Ne laissez pas ces colonnes vides même si vous n’avez rien de prévu : notez « à définir » plutôt qu’un blanc. L’inspecteur du travail vérifiera que vous avez réfléchi à chaque risque, pas seulement à ceux que vous gérez bien.
5. Construisez votre Plan d’Action (PA) et votre PAPRIPACT
Une fois le DUERP rempli, les deux derniers onglets transforment votre évaluation en feuille de route opérationnelle. Ce sont ces onglets qui montrent à l’inspection que vous ne vous arrêtez pas au constat, mais que vous agissez.
Onglet PA : Plan d’Action (toutes entreprises)
| Indice de risque | Reprenez le score calculé dans le DUERP —> commencez par les plus élevés |
| Description | Reprenez la description du risque concerné |
| Mesures à mettre en place | L’action concrète à réaliser (idem colonne prévention du DUERP) |
| UT concernée(s) | Quelle(s) équipe(s) est concernée par cette action |
| Délai de réalisation | Date cible réaliste : J+30, J+90, fin d’année… |
| État d’avancement | À faire / En cours / Réalisé —> à mettre à jour régulièrement |
Onglet PAPRIPACT : pour les entreprises de 50 salariés et plus
Le PAPRIPACT est une version enrichie du Plan d’Action, obligatoire à partir de 50 salariés. Il ajoute 4 colonnes supplémentaires cruciales :
| Gestionnaire | Qui est responsable de la mise en œuvre de cette action ? (nom ou fonction) |
| Ressources | Moyens humains, matériels ou externes nécessaires (ex. prestataire formation, achat matériel) |
| Budget | Coût estimé de l’action, même approximatif, cela montre votre sérieux |
| Observations | Notes complémentaires, points de blocage, dépendances avec d’autres actions |
Le PAPRIPACT doit être présenté chaque année au CSE (Comité Social et Économique) et mis à jour régulièrement. Conservez les versions précédentes, elles prouvent votre démarche dans la durée.
DUERP : pourquoi confier sa rédaction à un expert plutôt que de le faire seul
Un DUERP incomplet, mal renseigné ou non mis à jour annuellement peut entraîner des amendes allant jusqu’à 1 500 € (3 000 € en cas de récidive) pour une personne physique, et jusqu’à 7 500 € pour l’entreprise. En cas de refus de présentation à l’inspection, c’est un délit d’entrave : 3 750 € d’amende et jusqu’à 1 an d’emprisonnement.
Ce guide vous a permis de démarrer, mais remplir un DUERP complet et conforme prend du temps et une vraie connaissance des obligations légales. Une erreur d’évaluation, une catégorie oubliée, une mesure mal formulée, et c’est tout le document qui perd sa valeur juridique.
Que vous soyez une TPE d’une dizaine de salariés ou une entreprise de 200 personnes, Prevensys propose un accompagnement sur mesure pour rédiger, auditer et mettre à jour votre DUERP en conformité totale. Nos experts s’adaptent à votre secteur d’activité et à votre taille.


